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vendredi 25 mars 2016

Vie extraterrestre sur Mars :

 : ce que l'on sait vraiment

On fait le point dans notre nouvel épisode de la série Space Live, en partenariat avec l'Agence spatiale européenne (ESA).

Le nouvel épisode de Space Live est consacré à Mars. © Sciences et avenirLe nouvel épisode de Space Live est consacré à Mars. © Sciences et avenir
SÉRIE. Les exploits du rover Curiosity nous tiennent en haleine depuis son arrivée sur Mars le 6 août 2012. Mais le robot de la Nasa n'a pas détecté, hélas, la moindre molécule de vie sur la planète Rouge. Cela ne veut pas dire que notre voisine n'a jamais été habitée. Le nouvel épisode de la série vidéo Space Live dévoile ce que l'on sait vraiment de la vie sur Mars... Après ceux consacrés à Rosetta, à Gaia, à l'entraînement de Thomas Pesquet pour l'ISS et au programme Copernicus, cet épisode est le dernier de l'été 2014.




De la vie extraterrestre

sur Mars ? C'est l'hypothèse "la plus probable"

Cette affirmation vient d'une équipe internationale de chercheurs. Ils ont analysé des indices prélevés sur une météorite martienne retrouvée dans le désert marocain.

Un fragment de la météorite de Tissint (Alain Herzog - EPFL) Un fragment de la météorite de Tissint (Alain Herzog - EPFL)
PROPICES. En mars 2013, les équipes supervisant le robot Curiosity (qui explore actuellement le sol de la planète Mars) affirmaient que la planète Rouge avait, autrefois, présenté des conditions environnementales propices à l'apparition de la vie.
Mais entre "conditions propices à l'apparition de la vie" et "présence passée de vie", il y a un gouffre... que vient de franchir une équipe internationale de chercheurs suisses, allemands, chinois et japonais. L'analyse d'une météorite martienne tombée récemment (le 18 juillet 2011) au sud du Maroc, dans la région de Tissint, aurait livré des informations laissant à penser que la vie serait apparue sur Mars il y a plusieurs centaines de milliers d'années. Plusieurs éléments ont poussé les chercheurs à cette conclusion qu'ils exposent dans un article publié en couverture du dernier numéro (décembre 2014) du journal Meteoritics and Planetary Sciences.

1. La météorite vient bien de Mars

Comment être certain que ce fragment de roche tombé sur Terre le 18 juillet 2011 provient bien de Mars, et pas d'un autre corps céleste ?
Les chercheurs l'ont confirmé en analysant finement sa composition. La météorite de Tissint contient de très faibles quantités de certains éléments chimiques appelés "terres rares" (qui, contrairement à ce que leur nom indique, sont assez répandus à la surface de la Terre).

Les terres rares sont encadrées en noir dans ce tableau de classification périodique des éléments. Crédit : Wikipedia.
POCHES. "La roche présente un profil très pauvre en terres rares "légères" (Scandium, Lanthane, Cérium... NDLR) caractéristique des roches que l'on trouve à la surface de Mars" expliquent les chercheurs dans la publication.
Toutefois, cette confirmation n'était pas réellement nécessaire puisque cette météorite, depuis sa découverte a été étudiée sous toutes les coutures par de nombreuses équipes. "Son origine martienne a été confirmée dès les premières études et elle n'est plus remise en cause aujourd'hui" précise Philippe Gillet, chercheur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne et co-auteur de l'étude Les chercheurs précisent également que la roche montre des signes de plusieurs chocs d'une extrême violence, au point de créer des poches et des fissures à l'intérieur. Et c'est à l'intérieur de ces fissures, au plus profond du cœur de la roche, que les chercheurs ont débusqué des molécules organiques.

2. La météorite contient des molécules organiques

De quoi s'agit-il ? Une molécule organique est une molécule qui contient du carbone et de l'hydrogène, associée ou non à d'autres composés. En quoi est-ce important ? Parce que pratiquement toutes les molécules issues d'une activité biologique sont des molécules organiques. Autrement dit, la découverte de molécules organiques peut être la signature de la présence d'une vie (actuelle ou passée) telle qu'on la connaît sur Terre.
CARBONE. "La découverte de molécules organiques constitue donc un indice, mais pas pour autant une preuve de l'existence d'une vie" relativise Michel Viso, exobiologiste au CNES. Prenons par exemple le méthane (CH4). Sur Terre, plus de 90 % des émissions de cette molécule organique dans l’atmosphère sont d’origine biologique. Mais le méthane peut également être produit naturellement par d'autres mécanismes chimiques indépendants du vivant. Par exemple, par la réaction entre divers carbonates (CO32-) et de l'eau (H2O). La découverte de molécules organiques n'est donc pas forcément une preuve de vie. D'autant plus que cette météorite de Tissint soulève une autre question de taille. Les molécules organiques qu'elle contient ne s'y sont-elles pas logées au moment de sa chute sur Terre ?
TERRESTRE. "La contamination terrestre des roches martiennes est un problème majeur dans ce type d'études" reconnaît la publication. Mais les chercheurs rappellent que cette météorite présente l'avantage d'être "fraîche". Elle est tombée en 2011 et a été récupérée 3 mois à peine après sa chute, chiffre la publication. Un temps que les chercheurs estiment trop court pour que des molécules organiques aient pu s'infiltrer aussi profondément dans les plus petites fissures de la roche. "La plupart de la matière organique a été retrouvée dans des veines rocheuses d'un diamètre inférieur à 10 micromètres" précise la publication. Insérer de la matière organique aussi profondément au cœur de la roche nécessite par ailleurs l'action de l'eau qui véhiculerait ce "fluide organique". Mais l'eau est justement relativement rare dans l'environnement aride du désert marocain, rappellent les chercheurs.

L'image (a) montre une fracture dans une portion de la météorite constituée principalement d'Olivine (Ol). Le carré pointillé jaune montre une concentration de matière organique à l'extrémité de cette veine. La photo (b) est un zoom sur cette portion du carré jaune. Crédit Meteoritics & Planetary Science.

3. Cette matière organique semble venir de Mars

En quoi consiste exactement cette matière organique retrouvée dans la météorite ? Il s'agit d'un "kérogène", c'est à dire une sorte de goudron contenant des composés tels que du carbone (C) et de l'hydrogène (H) mais également de l'azote (N), de l'oxygène (O), du chlore (Cl) du fluor (F) du soufre (S) et du phosphore (P).
COMPOSITION. Les chercheurs ont mesuré dans ces échantillons de matière organique le rapport entre la quantité d'hydrogène et de l'un de ses isotopes naturels : le deutérium. Ils ont constaté une grande richesse en deutérium (+324 ‰ à +1183 ‰ par rapport aux standards terrestres), "caractéristique des matériaux que l'on retrouve habituellement sur Mars" précise la publication. En effet, sur Terre, la matière organique est plutôt pauvre en deutérium. Cette matière organique est donc assez différente dans sa composition de celle que l'on a l'habitude de rencontrer sur Terre. De ce fait, il est impossible qu'elle provienne d'une contamination de l'échantillon par de la matière organique terrestre. Les chercheurs en déduisent donc que ces inclusions de matière organique à l'intérieur de la roche ont été effectuées à la surface de la planète Mars.Autre élément qui soutient cette affirmation : une partie de la matière organique contenue dans la météorite a été transformée en diamant sous l'effet d'un impact colossal. Un impact suffisamment puissant... pour éjecter ce fragment de sol martien dans l'espace.

4. Le rapport isotopique laisse penser à une origine biologique

Reste donc la plus épineuse des questions : quelle est l'origine de cette matière organique ? S'agit-il d'une simple suite de réactions chimiques ou du résultat d'une activité biologique caractéristique de la vie ? Des études précédentes conduites sur cette même météorite en 2012 penchaient pour la première hypothèse. Cette matière organique proviendrait de la cristallisation à très haute température du magma à partir duquel s'est formé la météorite.
ISOTOPES. Mais selon Philippe Gillet, le scénario le plus probable est que ce kérogène ait été déposée à basse température dans ces fissures près de la surface de Mars, par infiltration d’un liquide riche en composés organiques... d'origine biologique. Pourquoi biologique ? La réponse provient de l'analyse des quantités respectives des isotopes du carbone. En effet, le carbone existe sous forme de plusieurs isotopes : 12C et 13C (stables), 14C (radioactif). Or, dans le monde vivant, les cellules photosynthétiques (autrement dit végétales) ont tendance à fixer plus facilement le carbone 12 que le carbone 13. De ce fait, au fil de la vie d'une plante, son taux de 12C augmente petit à petit tandis qu'on observe un déficit de 13C.
L'observation d'un tel décalage dans le rapport isotopique de la matière organique plaide pour la signature d'une activité biologique. En effet, si cette matière avait été produite par une simple réaction chimique, la quantité de carbone 12 et de carbone 13 retrouvée dans les échantillons de matière organique aurait dû être très proche de celle que l'on rencontre dans l'atmosphère martienne.
Or, tel n'est pas le cas. Les chercheurs ont découvert ce taux caractéristique particulièrement bas de l'isotope de carbone 13 dans la matière organique que renferme la météorite de Tissint.  Et les relevés montrent que cette différence de rapport isotopique (13C)/(12C) est la même que celle que l'on rencontre sur Terre entre de la matière organique d'origine biologique (du charbon par exemple) et le carbone de l’atmosphère terrestre... Pour les chercheurs, seule une activité biologique peut être responsable d'un tel décalage dans les isotopes de carbone. Si ces scientifiques ont raison, cela veut dire que Mars a bien accueilli, dans son lointain passé, une forme de vie semblable à celle que l'on trouve aujourd'hui sur la Terre. L'EPFL s'est amusée à mettre cette hypothèse en image sous la forme d'un petit dessin animé (en anglais). On y voit le sol martien tel qu'il était il y a plusieurs centaines de millions d'années, puis l'impact d'une météorite sur le sol de la planète rouge. Un fragment de sol est arraché et va dériver dans l'espace pendant 700.000 ans (âge estimé de l'exposition solaire de la météorite de Tissint) avant de tomber sur Terre.









Stephen Hawking

 il est à la recherche d'une intelligence extraterrestre

L'astrophysicien disait récemment redouter l'intelligence artificielle. Il prône en revanche un contact avec celle des Aliens, via le programme "Breakthrough Listen" lancé le 20 juillet 2015.

Stephen Hawking croit qu'on peut dénicher de l'intelligence extraterrestre. © Olivier Lascar

92 millions d'euros. C'est le coût de la communication avec les extraterrestres. En tout cas la somme avancée pour le projet "Breakthrough listen", soutenu par l'entrepreneur (et physicien) russe Youri Milner. Ce programme a été lancé lundi 20 juillet 2015 à la Royal Society Science Academy de Londres par le fameux Stephen Hawking. Après avoir fait l'actualité d'Hollywood avec le film consacré à sa vie sentimentale "Une merveilleuse histoire du temps", l'astrophysicien revient sur la scène scientifique en portant cette initiative présentée comme la plus ambitieuse jamais entreprise pour trouver un signe d'intelligence extraterrestre. "De toute manière, il n'est pas de plus grande question. Il est temps de s'engager à trouver la réponse, de rechercher la vie au-delà de la Terre. Il faut que nous sachions", a ajouté le scientifique, célèbre pour ses travaux sur les trous noirs et ses ouvrages de vulgarisation scientifique. Pour mener à bien ces recherches, le projet utilisera les moyens des plus puissants télescopes. De quoi tenter de débusquer la manifestation d'une activité intelligente, comme une fréquence radio ou un rayon laser. "Breakthrough Listen" sera mené en partenariat avec le projet "Breakthrough Message", un concours international visant à créer des messages permettant à une intelligence extraterrestre de se figurer ce qu'est notre humanité. "Une civilisation lisant un de nos messages pourrait avoir des milliards d'années d'avance sur nous", a dit Stephen Hawking, 73 ans.

Ne pas frayer avec Terminator

Ces extraterrestres "seraient largement plus puissants et pourraient ne pas nous accorder plus d'importance qu'une bactérie n'en a pour nous"... Le britannique montre en tout cas plus d'empressement à contacter E.T. qu'à frayer avec Terminator. Dans une interview à la BBC de décembre 2014, il mettait en garde : "Je pense que le développement d'une intelligence artificielle autonome pourrait signer la fin de l'humanité". Peut-être évoluera-t-il sur le sujet, comme il l'a fait pour les extraterrestres ? Dans son livre The Grand Design, dont Sciences et Avenir se faisait l'écho en novembre 2010 dans notre numéro 765, Stephen Hawking écrivait : "Ne tentons pas de contacter les extraterrestres ! S'il nous rendaient visite, nous nous retrouverions dans la même situation catastrophique que les Indiens lorsque Christophe Colomb a débarqué en Amérique !".










Peut-on découvrir une vie extraterrestre

Sur Kepler-452b ou ailleurs, peut-on découvrir une vie extraterrestre ?


La même semaine, la Nasa annonce la découverte de Kepler-452b et Stephen Hawking lance un projet pour découvrir la vie extraterrestre. Peut-on y croire ? Les réponses en vidéo d'un exobiologiste.

Capture d'une vidéo issue de l'entretien avec Michel Viso Capture Youtube

VIE. C'est une découverte évidemment haletante qu'a annoncée la Nasa le 23 juillet 2015. Le télescope Kepler de l'Agence spatiale américaine a permis de découvrir une exoplanète qui se situe dans la zone habitable de son étoile, dont le rayon est d'environ 1,6 fois celui de la Terre et qui parcourt son orbite en 384 jours. Bref, Kepler-452b est une "super Terre". En avril 2014, une équipe internationale d’astronomes (dont trois chercheurs du laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux) avait repéré une autre exoplanète, Kepler-186f, gravitant elle aussi dans la zone habitable de son étoile et également d'une taille presque identique à celle de la planète Bleue. Si Kepler-452b et Kepler-186f sont des planètes rocheuses (ce qui reste à démontrer), on peut espérer que de l’eau liquide puisse demeurer à sa surface... Et donc que la vie puisse y apparaître ? Peut-on réellement l'espérer, sans basculer dans la science-fiction la plus débridée ? (Après tout, le médiatique astrophysicien Stephen Hawking a bien lancé le 20 juillet 2015 le programme "Breakthourgh listen", dont c'est précisément l'objet). Sciences et Avenir a posé la question à Michel Viso, exobiologiste au CNES. Nous vous proposons de retrouver cet entretien "existentiel" tourné en août 2013, lorsque Curiosity, le vaillant petit robot de la Nasa avait découvert la présence d'eau liquide par le passé.

Quels sont les éléments nécessaires à l’apparition de la vie ?

Comment passe-t-on de la chimie à la vie ?

S’il y avait de la vie sur Mars, sous quelle forme Curiosity pourrait-il la trouver ?


Peut-on détecter une vie extraterrestre en la scrutant depuis notre planète ?






jeudi 10 mars 2016

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On pourra cultiver bien plus que des pommes de terre sur Mars, mais pas forcément les manger

Tomates, petits pois, salade, poireaux ou encore quinoa : autant de légumes qu'il devrait être possible de faire pousser sur la planète Mars, si l'on en croit une étude menée l'année dernière par des universitaires néerlandais. Quid des pommes de terre ?


Dans le film Seul sur Mars, le botaniste Mark Watney joué par Matt Damon survit de nombreux mois sur la Planète rouge en cultivant des pommes de terre. Dans la réalité, il aurait pu faire pousser bien plus, à condition d'avoir les graines en question. Par contre, il serait peut-être mort intoxiqué...


En effet, des scientifiques de l'Université de Wegeningen, aux Pays-Bas, ont travaillé sur la question suivante : que pourrons-nous cultiver sur Mars lorsque nous nous y rendrons ? Pour y répondre, les scientifiques ont recréé le sol martien sur Terre, et ont entrepris d'y planter 10 types de cultures différentes. Le sol martien a été simulé à l'aide d'éléments fournis par la NASA, aussi bien en matière d'informations sur la composition du sol de la planète, qu'en apports d'éléments concrets, cette fois-ci issus du sol lunaire.





Matt Damon et ses patates dans Seul sur Mars


Il a fallu deux tentatives aux chercheurs pour obtenir autre chose que des plantations à peine germées. Entre avril et octobre 2015, ils sont parvenus à faire pousser des tomates, des petits pois, du seigle, de la roquette, des radis, des poireaux, du quinoa, de la ciboulette, du cresson et des épinards - donc, non, pas de pommes de terre. Le docteur Wieger Wamelink, qui a piloté l'expérience, a déclaré que les cultures obtenues n'étaient pas « significativement différentes de celles réalisées dans du terreau, qui a été utilisé dans l'expérience témoin ». « Ça a été une vraie surprise pour nous, car cela démontre que la simulation du sol martien a un grand potentiel s'il est préparé et arrosé correctement. » Du côté du sol lunaire, l'opération a été nettement plus ardue, mais la Lune serait bien moins compliquée à ravitailler que Mars en cas d'implantation d'une colonie.

Des plantations toxiques

Reste cependant un point très important : les aliments cultivés de cette façon sur Mars seraient, selon les chercheurs, impropres à la consommation humaine. Le problème ? Le sol martien est riches en métaux lourds comme le plomb, l'arsenic, le mercure ou encore le fer. Autant d'éléments absorbés par les légumes plantés, les rendant toxiques. « Des recherches complémentaires seront nécessaires sur ce point » a ajouté Wieger Wamelink. Une nouvelle expérience débutera en avril, et de nouvelles plantations seront réalisées. Parmi les cultures ajoutées, on pourra compter sur les haricots verts... et les pommes de terre !










Une opération de financement participatif a été lancée pour aider au financement de la recherche. Les scientifiques promettent aux investisseurs de les inviter à un repas martien s'il s'avérait que les nouveaux légumes cultivés étaient mangeables. « Au moins pour les gens qui oseront ! »



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Neuvième planète : l'optimisme de 2 astronomes français

L'hypothétique neuvième planète, bientôt découverte ? Deux astronomes français assurent en tout cas avoir restreint la zone où chercher l'astre.

Où pourrait se trouver la "neuvième planète" que des chercheurs américains pensent avoir découvert grâce à des modèles mathématiques ? Des astronomes français ont réussi à préciser les directions vers lesquelles orienter les télescopes pour essayer de la dénicher.

"Au vu de tout ce que l'on connaît sur les mouvements des planètes du système solaire, nos travaux nous permettent de dire qu'il est possible qu'elle existe mais pas n'importe où", déclare Jacques Laskar, astronome à l'Observatoire de Paris, qui publie une étude avec Agnès Fienga, de l'Observatoire de la Côte d'Azur (sud de la France).

Le 20 janvier, Konstantin Batygin et Mike Brown de l'Institut de technologie de Californie (Caltec) ont créé la surprise en annonçant qu'une "neuvième planète", très grande et très lointaine, pourrait exister dans notre système solaire. Ils se sont appuyés sur des modèles mathématiques et des simulations par ordinateur.


Simulation


Dotée d'une masse d'environ dix fois celle de la Terre, cette planète se trouverait sur une orbite vingt fois plus éloignée que celle de Neptune. Très lente, elle mettrait entre 10.000 et 20.000 ans pour boucler son tour autour du Soleil.

Les chercheurs français ont eu l'idée d'ajouter cette neuvième planète encore virtuelle dans leur modèle INPOP (Intégration Numérique Planétaire de l'Observatoire de Paris) du système solaire. "Nous avons supposé qu'il y avait bien une planète sur l'orbite proposée par les Américains et nous avons regardé l'influence qu'elle aurait sur les autres planètes", explique M. Laskar.


"Là, nous supprimons la moitié des directions possibles"


"Grâce à la sonde Cassini qui accompagne Saturne depuis 2004, nous connaissons la distance Terre-Saturne à 100 mètres près depuis plus de dix ans. Nous avons regardé comment cette distance serait modifiée par l'existence de la 'neuvième planète'", en raison de l'attraction gravitationnelle entre les corps célestes, ajoute ce directeur de recherche au CNRS (Centre national de recherche scientifique).


Les équipes des deux astronomes ont identifié deux zones dans lesquelles il est exclu que la planète se trouve car ses effets seraient incompatibles avec les données de la sonde Cassini. Avant l'étude, la communauté scientifique ne savait pas vers où tourner ses regards pour tenter de la repérer. "Là, nous supprimons la moitié des directions possibles", souligne M. Laskar. "Nous divisons le travail par deux".

Des résultats qui pourraient s'affiner

L'étude permet aussi de dire que "rien n'empêche l'existence de cette neuvième planète dans toutes les autres directions". Il y a même un endroit où sa présence pourrait être "probable" car quand lorsque l'on rajoute cette planète, le modèle s'ajuste mieux aux observations, souligne M. Laskar qui reste toutefois prudent. "Je ne mettrais pas ma main à couper", dit-il.

Les chercheurs ont travaillé sur des données de la sonde Cassini allant jusqu'à 2014. "Ces résultats pourraient être améliorés si Cassini était prolongée jusqu'en 2020", affirme M. Laskar. "Cela permettrait de diviser encore par deux la zone" où chercher.

Pour le moment, il est prévu que la sonde Cassini, fabriquée par la NASA avec la collaboration de l'Agence spatiale européenne (ESA), finisse sa mission en plongeant sur Saturne en 2017. Mais certains scientifiques espèrent que la sonde obtiendra le financement nécessaire à sa prolongation.

samedi 5 mars 2016

mystère


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Un chantier de construction vieux de 300 millions d’années ?

De grands travaux d’extraction eurent lieu dans la carrière de calcaire voisine d’Aix-en-Provence, de 1786 à 1788, en vue de la reconstruction du Palais de Justice.

Dans cette carrière, entre les strates de roche étaient intercalées des couches de sable et d’argile. Lorsque les ouvriers eurent extrait 11 étages de calcaire, ils se trouvèrent à une profondeur de 12 à 15 m au-dessous de la surface.



Au-dessous de la 11e strate de calcaire, ils rencontrèrent un nouveau lit de sable, qu’ils entreprirent d’enlever, pour arriver à la strate de roche suivante.

Mais, dans ce sable, ils découvrirent des bases de pilier en pierre et des éléments de construction inachevés, dégrossis dans le même calcaire que celui qu’ils extrayaient.
En creusant encore, ils trouvèrent à leur immense surprise, des monnaies, des manches de marteau et d’autres morceaux d’outil en bois pétrifié.

Ils exhumèrent enfin une grande planche de plus de 2 m de long. Comme les outils, elle s’était pétrifiée en une sorte d’agate et brisée en morceaux.
Lorsque les morceaux furent remis en place, les ouvriers eurent sous les yeux, reconstituée, une planche de carrier exactement semblable à celles dont ils se servaient, et usée comme les leurs, avec des bords arrondis et irréguliers.

Comment un chantier de construction, équipé des mêmes outils que ceux en usage en France à la fin du 18e siècle, pouvait-il se trouver sous 15 m de strates de sable et de calcaire vieilles de 300 millions d’années ?

C’est une énigme encore plus incompréhensible de nos jours, car nous savons maintenant, grâce à nos méthodes de datation géologique et anthropologique, que la chose est rigoureusement impossible.
Pourtant, elle semble vraie.



Une dent de 10 millions d’années ?

En 1926, dans la mine de charbon de Bearcreek au Montana, une étrange dent a été découverte. Selon les dentistes de la région, cette dent avait l’aspect exact d’une prémolaire inférieure humaine. Cependant, le temps avait transformé l’émail en carbone, et les racines en fer.

J.C.F Siegfriedt, médecin de la mine et collectionneur de fossiles, qui la découvrit, estima à 10 millions d’années l’âge du dépôt de charbon qui la renfermait, soit bien avant l’apparition supposée de l’homme sur Terre.



Insolite dent

Fossilisation authentique ou bouleversement des strates géologiques dû à un phénomène naturel ?

Extrait de The Carbon County News, 11 novembre 192




Mystérieux aluminium

L’aluminium est un métal de faible densité, résistant et inaltérable. C’est le métal le plus employé aujourd’hui, après le fer. On ne le trouve pas à l’état pur dans la nature.
En effet, dans la nature, on le trouve sous forme d’oxyde. Officiellement, l’aluminium n’a été isolé qu’en 1852 et sa fabrication industrielle n’a commencé qu’en 1886 (métallurgie par électrolyse).
Le procédé industriel est très complexe. Très schématiquement, la métallurgie de l’aluminium est fondée sur la réduction électrolytique de l’alumine obtenue à partir de la bauxite.

De l’aluminium sous l’empereur Tibère

On dit qu'un jour, au Ier, siècle de notre ère, un obscur artisan offrit une timbale à l'empereur romain Tibère (14-37 de notre ère). Si la beauté de l'objet n'avait rien de remarquable, ses propriétés étaient réellement extraordinaires.
Le gobelet paraissait d'argent, mais il était léger et extrêmement résistant : lorsque l'artisan le jeta sur les dalles du sol, il ne se brisa pas. Il se bossela, tout comme du bronze, et un léger martelage suffit à le redresser. L'empereur n'en croyait pas ses yeux.
L'histoire de cet orfèvre et de son étonnant cadeau fut rapportée quelques années après la mort de Tibère en 37 par Pétrone et le naturaliste Pline l'Ancien.
Tandis que, selon le premier, la timbale était faite « d'une sorte de verre incassable », pour le second, elle était constituée « d'un mélange vitreux très malléable ».
Alors de quoi était-elle faite ? Pétrone et Pline semblent eux-mêmes assez perplexes. D'après les conclusions auxquelles ont été amenés les spécialistes, fondées sur les allégations des deux auteurs romains, la timbale aurait été en aluminium. Ce métal a en effet l'apparence de l'argent, mais il est plus léger. Relativement malléable, il se travaille facilement. En outre, l'artisan déclara à Tibère que le métal en question était tiré de l'argile - ce qui est justement le cas de l'aluminium.

Tibere
Tibère. By thisisbossi

Si la timbale était en aluminium, l'orfèvre était en avance de plusieurs siècles sur son temps. Bien que composé de substances courantes, l'aluminium métallique est fabriqué à partir de procédés électriques et chimiques d'une grande complexité, sans aucun rapport avec les méthodes de fabrication utilisées il y a 2 000 ans.
Malheureusement, l'empereur veilla à ce que le mystère de la timbale ne fût jamais éclairci. Craignant que ce nouveau métal n'entraînât une dévalorisation de l'or et de l'argent, Tibère usa de grands moyens pour préserver le secret : il fit décapiter le généreux donateur, abandonnant aux divinités la clé de l'énigme.

De l’aluminium au IIIe siècle en Chine

L'orfèvre qui fabriqua à l'intention de Tibère une mystérieuse timbale eut peut-être tort de croire que seuls les dieux partageaient son secret.
En 1956, des archéologues travaillant sur un site funéraire du IIIe siècle, dans la province chinoise de Jiangsu, exhumèrent une vingtaine d'ornements de ceintures : certains étaient composés de 85 % d'aluminium, allié à du manganèse et à du cuivre. L'alliage se révéla d'une pureté exceptionnelle.
Aluminium
Aujourd'hui, l'aluminium est entré dans notre vie quotidienne. By Esparta (Site de l'auteur)
Pour certains spécialistes, cet alliage serait le fruit du hasard, né d'un incident survenu au cours du processus de fonte. Pour d'autres, cependant, les Chinois pourraient avoir découvert un procédé spécial de raffinage de l'aluminium ne nécessitant pas la formidable énergie engloutie par les fonderies modernes.
V.Battaglia (12.10.2006)
Référence

Feats and Wisdom of the Ancients 1990 Time-Life Books BV



dimanche 28 février 2016

Les Olmèques

Les Olmèques



Au début du siècle dernier, on a découvert dans la jungle du Mexique des têtes géantes représentant des guerriers de type négroïde.
Que font-elles en plein territoire olmèque, au coeur de la Méso-Amérique précolombienne ? On se demande bien pourquoi et comment des Noirs d’Afrique sont arrivés jusqu’en Amérique ? Et à quelle lointaine époque ? Les archéologues comme les historiens sont frappés de mutisme. Ça ferait trop de pages à réécrire dans les manuels scolaires. Ils s’en tiennent à l’ancienne version : la race noire rien à voir avec tout ça. Ces statues n’ont rien de négroïdes, soutiennent-ils effrontément. Ils y voient même des aliens. 
N’importe quoi… Ils peuvent toujours se cacher les yeux, ça ne nous rendra pas aveugles pour autant.

Les têtes olmèques

La civilisation Olmèque est la plus ancienne et la plus mystérieuse civilisation du Mexique. Le bassin inférieur du Rio Coatzecoalcos correspond à peu près au berceau légendaire de la civilisation des Olmèques.
Baptisées « Peuple du caoutchouc » par les Aztèques, les Olmèques sont apparus au cours du second millénaire avant notre ère pour disparaître 1 500 ans avant l’essor de l’empire Aztèque.
Civilisation fondatrice de toutes celles qui ont suivi, la région du berceau Olmèque produit de grandes quantités de caoutchouc d’où son nom.
Les Aztèques trouvèrent dans cette région des objets rituels d’origine Olmèque et les conservèrent dans leurs propres temples.
Malheureusement, ce bassin est exploité pour le forage pétrolier depuis 1973. Les maigres vestiges archéologiques non détruits par les Espagnols l’ont été par le dieu « argent ».


L’origine Olmèque

Le problème est qu’il ne reste rien, hormis des œuvres d’art, qui puisse nous renseigner sur la nature et l’origine de la civilisation Olmèque.
La seule certitude est que ce peuple est apparu en Amérique centrale vers 1 500 avant notre ère alors qu’il avait déjà atteint un stade de développement très avancé.
Homme jaguar. Olmeque
Figure de l'homme jaguar (Museum of Natural History). By Madman 2001
La vérité est que l’on ne sait rien de l’organisation sociale, des rites ou de la langue des Olmèques.
On ne sait même pas à quel groupe ethnique ils appartenaient. Aucun squelette n’a été découvert.
La religion olmèque, mal connue, est marquée par la prédominance du dieu-jaguar. La figure ci-dessous est caractéristique des nombreuses représentations d'homme-jaguar.
Dieu jaguar Olmèque
Dieu-jaguar. La Venta. By stevendepolo
Les représentations anthropomorphes olmèques appartiennent à deux types. L'un est négroïde, l'autre est plus fin.
Statue olmèque. La Venta
Statue. La Venta. By Jami Dwyer
Les figures de nouveau-nés sont un thème majeur de la sculpture olmèque.
Statue d'un bébé olmèque
Statue de nouveau-né. By Madman 2001
On peut aisément faire un comparatif entre l’énigme Olmèque et l’énigme égyptienne. Les vestiges archéologiques égyptiens laissent penser que la civilisation égyptienne ancienne a surgi d’un seul coup en étant déjà entièrement constituée.
Figurine olmeque
Figurine en céramique. By shooting brooklyn
Ces savoir-faire technologiques auraient normalement dû prendre plusieurs centaines, voire milliers d’années d’acquisition.
Aucune trace d’évolution, d’un état primitif à une société avancée, n’a été découverte.
John Anthony West, historien écrit:
“ Comment une civilisation aussi complexe peut-elle surgir déjà toute faite ? La solution de cette énigme coule de source : la civilisation égyptienne n’est pas le fuit d’une évolution, c’est un héritage. »
Comparatif de la tête du Sphinx de Gizeh  et d'une tête olmèque
Comparatif de la tête du Sphinx de Gizeh (Egypte) et d'une tête olmèque trouvée à La Venta (Mexique). Il faut reconnaître que la ressemblance est troublante
On retrouve exactement le même cas de figure avec la civilisation Olmèque. Elle semble avoir surgi du néant.
Il n’y a aucun doute sur le fait que la civilisation olmèque est la civilisation mère de l’Amérique centrale.
Elle est beaucoup plus ancienne que celle des Mayas.
Sculpture Olmeque. La Venta
Sculpture de La Venta . By Ponchosquealº
Il s’agit de toute évidence d’un peuple civilisé, technologiquement avancé et qui semble avoir inventé le système de notation calendaire de points et de traits. De plus, les fouilles ont révélé une urbanisation développée. Elles ont mis au jour des canaux d'adduction d'eau en pierre.
Monte Alban. Jeu de balle
Monte Alban. le jeu de balle, sport rituel également pratiqué par les Mayas et les Aztèques. By Tjeerd
L'orientation des villes suit les points cardinaux; les bâtisseurs olmèques étaient de bons astronomes.

Coatzecoalcos : le sanctuaire du serpent

La légende dit que c’est là que Quetzalcóatl et ses compagnons auraient débarqué au Mexique après avoir traversé la mer orientale sur de grands vaisseaux.
Le sanctuaire du serpent désignait peut-être l’ensemble du territoire Olmèque. Ce dernier comprenait Coatzecoalcos et plusieurs autres sites comme Tres Zapotes, San Lorenzo et La Venta.
L'Homme dans le Serpent

Cette sculpture ci-dessus baptisée "L'homme dans le serpent" a été trouvée à La Venta. On peut noter les croix en forme d'X sur la coiffe. Les symboles de la croix et du serpent apparaissent aussi sur le site de Tiahuanaco, en Bolivie, et en Egypte.
L'homme est assis dans un étrange "mécanisme" . Certains y voient un engin volant ou spatial. Mais là chacun est libre d'interpréter la représentation.
De nombreuses sculptures olmèques ont été mises à jour sur ces sites. Il s’agit surtout de monolithes taillés dans du basalte ou d’autres roches dures.
Certains monolithes pèsent plus de 30 tonnes et représentent des têtes géantes. D’autres représentent des scènes de rencontre entre deux races différentes et non amérindiennes.

Santiago Tuxtla : la tête de Cobata

Dans cette vieille ville coloniale, un petit parc ombragé abrite une bien étrange sculpture. Au milieu se dresse une énorme tête de guerrier.
Haute de 3 m, l’homme a les yeux clos, la mâchoire inférieure pendante et un nez épaté.
Tête olmeque de San Lorenzo
Tête de San Lorenzo. By A. Belani
Cette tête représente la première énigme de l’histoire des Olmèques. En effet, cette sculpture, vieille de plus de 2 000 ans, représente un homme aux traits négroïdes.
Bien sûr, il n’y avait aucun noir africain dans le Nouveau Monde à cette époque.
Les premiers sont arrivés avec la traite des esclaves et ce bien après la conquête espagnole.
Désigné sous le nom de « tête de Cobata », l’énorme monolithe est le plus lourd des 16 sculptures olmèques du même type.

Tres Zapotes

Tres Zapotes était un important centre Olmèque tardif qui aurait été florissant entre – 500 et 100.
C’est là que l’on a eu la preuve que le fameux calendrier maya provenait des olmèques.
Une stèle, mise à jour, écrite selon le système codé maya, correspond au 3 septembre 32 avant notre ère.
Tete Olmeque
Tête olmèque. By Ybidau
Le calendrier olmèque nous ramène à l’énigmatique date initiale du 13 août 3114 avant notre ère, à laquelle est associée la date de la fin du monde, l’an 2012 de notre ère.
Dans la même ville, on a découvert une tête géante. Elle est datée d’environ 100 avant notre ère et mesure près d’1,90 m de haut.
Il s’agit là encore d’un guerrier africain qui porte un casque avec de longues jugulaires. Le visage reflète la colère.
L’autre découverte, encore plus extraordinaire, est celle de jouets pour enfants. Il s’agit de petits chiens à roulettes.
Cette découverte remet en cause la théorie selon laquelle la roue était inconnue en Amérique centrale jusqu’à l’époque de la conquête.

San Lorenzo

San Lorenzo est le plus ancien site olmèque connu à ce jour. Il est daté de 1 500 ans avant notre ère.
Pourtant la culture olmèque semble déjà très développée.
Malgré les recherches des archéologues, pas une seule trace de la phase de développement de la civilisation olmèque n’a été retrouvée.
Homme jaguar . Olmeque
Homme jaguar et tête olmèque. By rosemanios
On a retrouvé à San Lorenzo plus d’une vingtaine de réservoirs artificiels, reliés entre eux par un réseau de conduites. Une partie de ce réseau passait par un aqueduc. Il s’agit là d’un réseau hydraulique élaboré.
Sous terre, on a découvert cinq tombes renfermant des têtes négroïdes. Ces étranges tombes contenaient également des objets précieux et des statuettes dont certaines ont été mutilées avant d’être enterrées.
La datation au carbone 14 de fragments de bois prouve seulement que ces têtes datent d’au moins 1 200 ans avant notre ère mais rien ne prouve qu’elles ne sont pas plus anciennes.

La Venta

Actuellement, ce site archéologique est coupé en deux par un aérodrome. Les raffineries pétrolières se dressent partout. Les bulldozers ont tout rasé avant que les vraies fouilles aient pu commencer.
La Venta est le plus grand centre cérémoniel olmèque connu. Le site couvre plus de 5 km² et occupe un îlot marécageux sur le Rio Tonala.
Tete olmeque
Tête olmèque. La Venta. By Gorriti
Autrefois, se concentraient là des constructions monumentales. La datation au carbone 14 suggère que les Olmèques s’y sont installés entre – 1 500 et – 1 100 et qu’ils ont occupé le site jusqu’en – 400 avant notre ère.
Sculpture Olmeque. La Venta
Sculpture olmèque représentant un mammifère marin, peut-être un dauphin. La Venta. By Ruben Charles
A partir de cette date, les constructions ont été arrêtées. De plus, les édifices ont été défigurés ou démolis. Plusieurs têtes géantes ont été enterrées.
Tete Olmeque
Pourquoi ? Que s’est-il passé en 400 avant notre ère ?
Outre les têtes négroïdes, plusieurs sculptures de La Venta représentent des hommes de type caucasien, de grande taille, aux traits fins et au nez droit, barbus et aux cheveux raides.
Bas-relief olmeque
Découverts à la Venta et Monte Alban, les bas reliefs ci-dessus semblent représenter des personnages barbus de type caucasien. By Ponchosquealº
Il est à noter que la divinité d'Amérique Centrale Quetzalcoatl était, selon les descriptions, de grande taille, à peau blanche et barbue.
D’où venaient ces deux types raciaux inconnus des olmèques ? Il semble pourtant évident que les têtes ont été reproduites d’après un modèle humain.
Bas relief olmeque
Le site de La Venta était à l’origine entouré d’un mur de 600 colonnes. Cette « palissade » de 3 m de haut était infranchissable.
De quoi les olmèques voulaient-ils donc se protéger ?
Sur cette stele, représentation d'un homme de type caucasien. Zoom Image . By Ponchosquealº
Sur ce site a également été découverte une stèle de 4,80 m de haut. Les bas-reliefs représentent la rencontre entre deux hommes.
L’un des personnages est complètement défiguré. L’autre est un homme barbu, aux traits caucasiens, baptisé par les archéologues « Oncle Sam ».
D’autres hommes « blancs » peuvent être identifiés parmi les vestiges. Qui étaient-ils ? Quand ces hommes sont-ils arrivés en Amérique centrale ?

Théories des archéologues et historiens

Certains historiens ont avancé l’hypothèse selon laquelle les hommes « blancs » seraient des Phéniciens qui auraient franchi le détroit de Gibraltar et traversé l’atlantique au second millénaire avant notre ère.
Les personnages « noirs » seraient des esclaves capturés par les Phéniciens.
Tete Olmeque
Tête olmèque négroïde. By Philo Nordlund
Que des peuples aient traversé l’atlantique avant Christophe Colomb, cela ne fait aucun doute.
Cependant, dans ce cas précis, aucun vestige, comme des poteries par exemple, de type phénicien n’a été découvert sur les sites olmèques.
De plus, les sculptures et représentations n’ont rien de commun avec l’art phénicien.
D’ailleurs, d’un point de vue purement artistique, ces œuvres d’art n’appartiennent à aucune culture connue.

Monte Alban

Datant de 3000 ans environ, Monte Alban consiste en une immense aire rectangulaire, la »Grande Plaza », entourée de pyramides et autres édifices.
Une écriture hiéroglyphique complexe a été découverte à Monte Alban. Seule une petite quantité de ces glyphes a pu être décryptée. On a pu déchiffrer les signes numériques et ceux du calendrier qu’on retrouve plus tard chez les Mayas.
Il s’agit là de la plus ancienne écriture connue au Mexique.
Masque olmeque. Monte Alban
Masque funéraire olmèque de Monte Alban. By SanGatiche
Plusieurs dizaines de stèles représentent des hommes « noirs » et caucasiens, égaux dans la mort.
Ce qui va totalement à l’encontre de la théorie des esclaves phéniciens. D’ailleurs, qui a déjà vu un esclave porter un casque ?
Ces représentations sont de moins bonne qualité que celles de La Venta. A Monte Alban, ces étrangers sont des cadavres, nus et la plupart châtrés.
Monte Alban
Monte Alban. By Tjeerd
Ces stèles sont datées entre l’an 1000 et l’an 600 avant notre ère. Cette datation n’est pas absolue.
Contrairement à la Venta, à Monte Alban, les sculptures racontent une triste histoire : guerre, mort et chute de ces énigmatiques étrangers.
Sans vouloir me montrer très critique, les archéologues ont pris un raccourci pour expliquer que ces sculptures représentent « les cadavres de prisonniers capturés dans une bataille ».
Monte Alban
Monte Alban. By Gret@Lorenz
Quelle bataille ? Qui étaient ces prisonniers ? Pourquoi n’a-t-on retrouvé aucune représentation de blessés ou de morts de type amérindiens ?
C’est tout de même un paradoxe qu’une civilisation en guerre privilégie la représentation de ses ennemis au détriment de ses propres guerriers.
Les civilisations qui ont suivi n’ont laissé aucun texte ou représentation de cette « guerre » qu’auraient menée leurs ancêtres.
Masque olmeque
Masque olmèque. By Beesnest McClain
Malgré tout ce qu’on peut lire dans les ouvrages officiels, l’énigme Olmèque reste entière. Beaucoup de questions mais peu de réponses convaincantes.
Seules de nouvelles découvertes pourront peut-être nous éclaircir sur cette
mystérieuse civilisation.
V.Battaglia (03.2005)

docu 2015



Bibliographie principale et crédit photographique
Splendeurs des civilisations perdues. Les plus beaux sites archéologiques. Gründ 1998
Les sites archéologiques : Le patrimoine mondial de l'UNESCO. Gründ 2004
Inexpliqué. Les têtes olmèques
Caterina Magni. Les Olmèques : Des origines au mythe. Seuil 2003
Jacques Soustelle. Les Olmèques : La plus ancienne civilisation du Mexique. Arthaud 1992


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